Le géant chinois se prépare à se relever

Le géant chinois se prépare à se relever

En Chine, les usines tournent à nouveau, et les voyages intérieurs redeviennent possibles. Le gouvernement s’apprête à adopter des mesures de soutien à l’économie après le choc qui devrait diviser par deux la croissance cette année, par rapport à ce qui était attendu.

À Wuhan, l’épicentre chinois de l’épidémie, un premier train est arrivé en gare samedi 21 mars, chargé d’ouvriers venant reprendre leur travail dans les usines locales. Cela faisait cinquante-neuf jours que la ville était soumise à un confinement strict. Commerces fermés, obligation de se faire livrer à domicile, interdiction de quitter la ville. Alors qu’aucun nouveau cas de personne infectée n’a été enregistré sur place pendant cinq jours d’affilée, les commerces rouvrent prudemment. Les bus et métros se remettent à rouler, le grand constructeur automobile local, Dongfeng Motor, remet en route ses usines.

Les autorités locales autorisent la reprise du travail pour tous ceux qui ont un accord de leur employeur et un « code santé » vert. Ce code est attribué à chaque Chinois depuis le début de l’épidémie. Il calcule le risque de chacun d’être infecté à partir de ses données sur ses déplacements recueillis depuis son téléphone portable, mettant ainsi l’ensemble de la population sous surveillance. Le code peut être vert, orange ou rouge. Les habitants sont même autorisés à se déplacer hors de la ville s’ils ont été testés négatifs au Covid-19. La métropole de Wuhan et la région alentour, soit près de 60 millions d’habitants, retournent lentement à la vie normale. C’était le cas depuis plusieurs jours du reste de la Chine.

« Selon les enquêtes réalisées par les chambres de commerce, l’activité a repris à 75 % dans l’ensemble du pays, estime Cynthia Kalasopatan, de l’institut Rexecode. On voit un retour de fréquentation dans les hôtels, les restaurants. » Selon l’agence Bloomberg, les réservations d’hôtels ont augmenté de 40 % au 1er mars par rapport à la semaine précédente, et les réservations de vols domestiques étaient 3,3 fois plus nombreuses pour la dernière semaine de février, par rapport à la semaine précédente.

D’après la Commission nationale du développement et des réformes (CNDR), l’organe qui coiffe l’ensemble des ministères à compétence économique, plus de 90 % des grandes entreprises, en dehors de la région du Hubei, la plus touchée, ont relancé leur production. Mais la reprise est moins importante au niveau des petites et moyennes entreprises dont la trésorerie a été asséchée, ainsi que dans les services.

La Chine se relève après un choc qui a été très rude. Les effets ne se voient pas encore dans les grands indicateurs. Mais quelques chiffres permettent déjà de s’en faire une idée : en février, les ventes automobiles ont baissé de 80 %, la consommation de charbon de 38 %, la production de textile ou de ciment a été divisée par deux. Les exportations ont chuté de 17 % en janvier et février par rapport à la même période un an plus tôt.

Ces indicateurs laissent prévoir que le PIB chinois devrait être en recul au premier trimestre 2020. Ce sera le premier trimestre négatif pour la Chine depuis 1976. Un rebond est attendu au second trimestre. Et la Chine pourrait finir l’année à seulement 3 % de croissance, soit deux fois moins que ce qui était planifié par le gouvernement chinois.

La fin de l’épidémie, si elle se confirme, va toutefois permettre un rattrapage. « L’absence de nouveau cas constaté dans le pays, en dehors de ceux observés chez des voyageurs arrivant de l’étranger, est un signe très positif. Cela prouve que le confinement peut avoir une efficacité, observe Cynthia Kalasopatan. Et chacun attend désormais des mesures de relance qui devraient être annoncées par les autorités. »

D’ores et déjà, le gouvernement chinois a annoncé des mesures de report du paiement des taxes et charges sociales honorées par les entreprises et un soutien pour financer le chômage partiel qui pourrait atteindre 500 milliards de yuans (65 milliards d’euros). Il a aussi allégé les obligations de fonds propres pesant sur les banques, afin qu’elles augmentent leurs crédits aux entreprises. Il devrait rapidement annoncer un plan de construction d’infrastructures qui va injecter l’équivalent de 368 milliards d’euros dans l’économie.

Tout cela devrait permettre à la Chine de se relever, au prix d’un endettement accru. D’autant que les grandes entreprises ont fait de la période de confinement un temps utile : « Elles ont tout de suite travaillé sur la sortie de crise : elles ont continué à former leurs salariés, mis en place de nouveaux canaux de vente sur Internet, raconte François Candelon, du Boston Consulting Group. Toutes les grandes entreprises chinoises se souviennent que le géant Alibaba s’est développé au moment de la crise de 2008. Et chacune est consciente que cette crise peut aussi faire des gagnants. » Il rappelle que l’idéogramme chinois signifiant« crise » est aussi le même que celui qui veut dire « opportunité »…

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